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Notifications push : taux d'opt-in iOS et Android en 2026
En 2023, l'application Android médiane obtenait l'accord de 71,3 % de ses utilisateurs pour leur envoyer des notifications. En 2025, elle n'en obtient plus que 53,3 %. Sur iOS, la médiane n'a pas bougé : 48,85 %. L'avantage historique d'Android a presque disparu.
Les notifications push restent le seul canal qui ramène un utilisateur dans l'application sans qu'il y pense. Voici ce qu'elles touchent réellement : la part d'utilisateurs qui accepte, la part qui ouvre, l'effet mesuré sur la rétention, et les règles d'Apple et de Google qui encadrent la demande.
53,3 %d'utilisateurs Android acceptent les notifications dans l'application médiane, contre 71,3 % deux ans plus tôt
Une précision de méthode : les chiffres d'Airship sont des médianes (50e centile) calculées sur les applications clientes de la plateforme qui comptent au moins 1 000 utilisateurs actifs et envoient au moins 1 000 notifications push par mois. Chaque taux est une moyenne de douze mesures mensuelles. Une petite application qui n'envoie presque rien n'est pas dans l'échantillon.

Notifications push : quel taux d'opt-in sur iOS et Android ?
L'opt-in, c'est la part de l'audience d'une application qui a autorisé l'envoi de notifications push. Airship la mesure chaque année ; ses deux dernières éditions couvrent 2023, 2024 et 2025.
| Année mesurée | Android, médiane | iOS, médiane |
|---|---|---|
| 2023 | 71,3 % | 49,1 % |
| 2024 | 59,5 % | 49,4 % |
| 2025 | 53,3 % | 48,85 % |
Source : Airship, Push Notification Benchmarks 2025 (données 2023 et 2024) et édition 2026 (données 2025)
Le taux d'opt-in Android a perdu dix-huit points en deux ans, celui d'iOS est resté stable. L'écart est passé de 22 points à 4,45.
La dispersion compte autant que la médiane. En 2025, le 90e centile atteint 75,23 % sur Android et 72,88 % sur iOS, le 10e centile 29,33 % et 28,55 %. Le secteur pèse lourd : sur iOS, les 10 % d'applications de commerce les plus faibles plafonnent à 18,1 %, quand les 10 % d'applications d'éducation les plus fortes dépassent 88,7 %.
Un second rapport donne des chiffres plus hauts. Batch, éditeur français d'une plateforme d'envoi de notifications push, publie 67 % sur Android et 56 % sur iOS, pour des messages envoyés entre juillet 2024 et juillet 2025, avec une chute d'Android de 85 % à 67 % en un an.
Source : Batch, The Great Push Notifications & Mobile Engagement Benchmark 2025
Les deux séries ne mesurent pas la même chose. Batch publie des moyennes sur son propre panel de 10 000 applications et sites, sans dire comment il les calcule ni sur quel dénominateur ; Airship publie des médianes sur ses clients. L'écart de 14 points sur Android ne s'explique pas par la seule différence entre moyenne et médiane : chez Airship, la dispersion est presque symétrique autour de la médiane. Il tient surtout au panel et à la méthode. Les deux rapports s'accordent sur la tendance, une chute rapide d'Android vers le niveau d'iOS. Pour situer une application, la médiane d'Airship reste le repère le plus prudent, parce que sa méthode est publiée.
Pourquoi Android 13 a effacé l'avance d'Android
Avant Android 13, une application Android pouvait envoyer des notifications push dès l'installation : l'utilisateur devait aller couper lui-même. Android 13 a introduit une permission d'exécution, POST_NOTIFICATIONS. Pour une application nouvellement installée, les notifications sont désactivées par défaut tant que l'utilisateur n'a pas accepté.
Source : Android Developers, Notification runtime permission
Un mécanisme documenté explique pourquoi la baisse s'étale sur plusieurs années. Quand un téléphone passe à Android 13 ou plus, le système accorde d'office la permission aux applications déjà installées qui avaient créé un canal de notification, sauf si l'utilisateur avait coupé leurs notifications. Il fait de même pour une application restaurée depuis la sauvegarde d'un ancien téléphone. Seules les installations neuves passent par la demande. Le stock d'utilisateurs inscrits par défaut s'érode donc au rythme du renouvellement des installations.
Plus aucune application ne peut s'y soustraire, et le moment de la demande est désormais entre les mains du développeur : depuis le 31 août 2026, toute nouvelle application et toute mise à jour publiée sur Google Play doit cibler Android 16 (niveau d'API 36), sauf extension accordée jusqu'au 1er novembre. Le détail des exigences de soumission figure dans le guide pour publier une application sur Google Play et l'App Store.
Les deux systèmes laissent peu d'essais :
| iOS | Android 13 et plus | |
|---|---|---|
| Fenêtre système | Affichée une seule fois, à la première demande | Réaffichable, jusqu'à deux refus |
| Après refus | Seul l'utilisateur peut réactiver, dans les Réglages | Deux refus valent refus définitif |
| Alternative | Autorisation provisoire : notifications discrètes dans le centre de notifications, avec boutons Garder ou Désactiver | Aucune équivalente |
Source : Apple Developer, Asking permission to use notifications
Côté Android, la règle des deux refus est celle de toutes les permissions d'exécution : au-delà, le système considère le refus comme permanent.
Source : Android Developers, Request runtime permissions
Combien d'utilisateurs ouvrent vraiment une notification push ?
Le taux d'ouverture directe, chez Airship, c'est la part des notifications push envoyées dans le mois qui ont directement déclenché l'ouverture de l'application. Les médianes 2025 sont de 3,15 % sur Android et 2,675 % sur iOS. La médiane iOS a reculé de 13,71 % en un an.
Faisons le calcul complet pour une application de 10 000 utilisateurs actifs. Hypothèses : moitié Android, moitié iOS, une notification envoyée à chaque utilisateur inscrit, et le taux mensuel d'Airship appliqué à ce seul envoi, ce qui reste une approximation. Le taux d'opt-in d'Airship porte en outre sur toute l'audience de l'application, pas seulement sur les actifs.
En combinant les deux médianes, ce qui ne décrit pas une application médiane réelle :
- Android : 5 000 × 53,3 % = 2 665 inscrits, × 3,15 % = 84 ouvertures
- iOS : 5 000 × 48,85 % = 2 443 inscrits, × 2,675 % = 65 ouvertures
- Total : 149 ouvertures, soit 1,5 % de la base active
Pour une application au 90e centile sur les deux mesures, ce qui n'est pas garanti :
- Android : 5 000 × 75,23 % = 3 762 inscrits, × 10,15 % = 382 ouvertures
- iOS : 5 000 × 72,88 % = 3 644 inscrits, × 7,3 % = 266 ouvertures
- Total : 648 ouvertures, plus de quatre fois la médiane

Les deux étages se multiplient : faire progresser l'opt-in de 20 % produit autant d'ouvertures que faire progresser de 20 % le taux d'ouverture, à condition que les nouveaux inscrits ouvrent autant que les anciens, ce qui n'est pas acquis. Le premier se travaille une fois, au moment de la demande ; le second se joue à chaque envoi.
Batch mesure de son côté 14,4 % d'ouverture pour les campagnes contextuelles, déclenchées automatiquement par une action de l'utilisateur ou à un moment programmé, contre 4,19 % pour les campagnes génériques. Le rapport ne précise pas son dénominateur : ces chiffres ne se comparent pas à ceux d'Airship, seulement entre eux.
Les notifications push améliorent-elles la rétention ?
Les études publiées par les plateformes d'envoi mesurent des corrélations, pas des effets causaux. La plus citée est celle d'Airship, sur 63 millions d'utilisateurs ayant ouvert une application pour la première fois en septembre 2016 et suivis jusqu'en décembre. Les utilisateurs ayant reçu au moins une notification dans leurs 90 premiers jours affichaient une rétention à 90 jours près de trois fois supérieure (190 % de plus) à celle des utilisateurs désinscrits ou jamais notifiés.
Source : Airship, étude de rétention par secteur, mars 2017
L'étude date de 2017. Aucune réplication publique plus récente, de taille comparable, n'a été trouvée.
La même étude contient le résultat le plus utile. Dans le commerce, les utilisateurs qui avaient refusé les notifications retenaient mieux à 90 jours que les inscrits à qui l'application n'envoyait rien : 50 % de mieux sur Android, 36 % sur iOS. Dans ces données, les inscrits jamais sollicités retenaient moins bien que les désinscrits, avec une exception : l'utilitaire et la productivité sur iOS. L'étude ne dit pas pourquoi : ces inscrits appartiennent souvent à des applications qui ne relancent personne, et en 2016 un désinscrit Android avait dû couper lui-même des notifications actives par défaut.
Les repères de rétention par catégorie, à J1, J7 et J30, sont détaillés dans l'article sur le taux de rétention d'une application mobile. C'est la courbe à surveiller avant et après un changement de stratégie de notification.
Quelle fréquence d'envoi, et ce qu'Apple interdit
L'application médiane envoie 5,4 notifications push par utilisateur et par mois sur Android et 8,5 sur iOS en 2025. Le 90e centile monte à 178,9 et 187,8 ; celui des médias atteint environ 360 envois mensuels. La médiane Android a reculé d'environ 16 % en un an.
Ce volume a un coût. Dans une enquête menée par Airship dans sept pays (rapport 2025), les deux premiers motifs de désinscription d'une marque étaient identiques partout : des messages trop fréquents ou pas pertinents. Apple le dit dans ses recommandations de design : envoyer plusieurs notifications pour la même chose remplit le centre de notifications, et l'utilisateur peut couper toutes celles de l'application.
Source : Apple, Human Interface Guidelines, Notifications
Trois règles de l'App Store encadrent le reste :
- 4.5.4 : les notifications ne doivent pas être nécessaires au fonctionnement de l'application, et ne peuvent servir à la promotion qu'après un consentement explicite recueilli dans l'interface, avec un moyen de se désinscrire depuis l'application.
- 5.1.2(i) : une application ne peut pas exiger l'activation des notifications pour donner accès à une fonction, à un contenu ou à une récompense.
- 4.5.3 : pas de messages non sollicités par les services d'Apple.
Source : Apple, App Store Review Guidelines, sections 4.5.3, 4.5.4 et 5.1.2
Trois erreurs que ces chiffres rendent évidentes
Demander au premier lancement. Sur iOS, la fenêtre système n'apparaît qu'une fois ; sur Android, deux refus suffisent à fermer la porte. Google recommande d'attendre un geste qui justifie la demande — l'appui sur une cloche, le suivi d'un compte, une commande passée — ou le troisième ou quatrième lancement. Le même raisonnement vaut pour l'écran d'abonnement : il se place dans l'onboarding en concurrence avec la demande de permission, ce que détaille l'article sur le paywall d'une application.
Obtenir l'accord sans rien envoyer. Dans le commerce, c'est la cohorte que l'étude Airship place sous les désinscrits. Une permission accordée sans premier message utile dans les jours qui suivent ressemble, pour l'utilisateur, à une promesse non tenue.
Envoyer la même chose à tout le monde. À 4,19 % d'ouverture pour un message générique contre 14,4 % pour un message déclenché par une action ou un moment choisi, le choix de ce qu'on envoie pèse plus que le nombre d'envois. L'écart surestime sans doute l'effet, puisque les messages contextuels visent des utilisateurs déjà actifs. Et chaque envoi superflu rapproche du motif de désinscription numéro un.
La série rétention et croissance prolonge ces repères sur l'onboarding et l'acquisition.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une notification push ?
C'est un message qu'une application installée affiche sur l'écran de verrouillage ou dans le centre de notifications, même quand elle n'est pas ouverte. En règle générale, il ne s'affiche qu'avec l'accord de l'utilisateur, sur iOS comme sur Android depuis Android 13.
Quel est un bon taux d'opt-in pour les notifications push ?
Selon Airship, sur l'année 2025, la médiane est de 53,3 % sur Android et de 48,85 % sur iOS, et le 90e centile de 75,23 % et 72,88 %. Au-delà de ces seuils, une application est dans les 10 % les meilleures ; sous 29,33 % sur Android ou 28,55 % sur iOS, elle est dans les 10 % les plus faibles.
Pourquoi le taux d'opt-in a-t-il baissé sur Android ?
Depuis Android 13, une application nouvellement installée ne peut plus envoyer de notifications sans demander la permission POST_NOTIFICATIONS. Avant, elles étaient actives par défaut. La médiane d'Airship est passée de 71,3 % en 2023 à 53,3 % en 2025, et l'écart avec iOS est tombé sous cinq points.
Combien de notifications push envoyer par mois ?
L'application médiane en envoie 5,4 par utilisateur et par mois sur Android et 8,5 sur iOS, selon Airship pour 2025. Les médias montent beaucoup plus haut. Le bon volume dépend de la valeur de chaque message : les deux premiers motifs de désinscription cités par les consommateurs sont la fréquence excessive et le manque de pertinence.