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Publier une application sur Google Play et l'App Store
2 093 244 soumissions refusées sur 9 100 620 examinées. C'est le bilan 2025 de l'App Review d'Apple : près d'un envoi sur quatre revient au développeur. Côté Android, l'obstacle est ailleurs. Un compte personnel récent ne peut même pas demander la production avant quatorze jours de test fermé.
Publier une application sur Google Play et sur l'App Store se joue donc sur deux terrains : le calendrier imposé par Google, et le contrôle de conformité d'Apple. Voici les frais exacts, les étapes de chaque console, les délais officiels et les motifs de rejet tels qu'Apple les publie.
23 %des soumissions examinées par Apple en 2025 ont été refusées
Source : Apple, 2025 App Store Transparency Report, consulté le 12 octobre 2026
Une précision de méthode : les frais sont publiés en dollars et convertis au taux de référence BCE du 12 octobre 2026, soit 1 € pour 1,1181 USD. Les règles citées sont celles en vigueur à cette date.

Créer un compte développeur Google Play et Apple : ce que ça coûte
Les frais d'entrée sont faibles. Ce qui les distingue, c'est leur rythme : Apple facture chaque année, Google une seule fois.
| Compte | Frais publiés | En euros | Périodicité |
|---|---|---|---|
| Apple Developer Program | 99 USD | 88,54 € | par année d'adhésion |
| Google Play Console | 25 USD | 22,36 € | versement unique |
Source : Apple Developer, What's included, consulté le 12 octobre 2026
Source : Aide Play Console, Créer un compte de développeur, consulté le 12 octobre 2026
Le calcul sur trois ans : trois adhésions Apple à 99 USD, soit 297 USD, plus 25 USD chez Google. Total : 322 USD, soit 287,99 €. Apple précise que l'adhésion peut être facturée en devise locale là où elle existe : le montant en euros réellement débité peut différer de la conversion.
Apple exonère les associations éligibles, les établissements d'enseignement accrédités et les entités publiques. Google refuse les cartes prépayées et peut demander une pièce d'identité officielle ainsi qu'une carte bancaire à votre nom.
Le type de compte pèse davantage que le prix. Une application réservée aux salariés peut en outre éviter la publication publique, par une distribution privée décrite dans l'article sur l'application mobile pour entreprise. Apple et Google proposent un compte individuel et un compte d'organisation. Dans les deux cas, le compte d'organisation exige un numéro D-U-N-S, l'identifiant d'entreprise délivré par Dun & Bradstreet, que Google rappelle être gratuit. Seules les entités publiques en sont dispensées chez Apple. Apple demande en plus un site web public, fonctionnel et rattaché à l'entreprise, et refuse les noms commerciaux et les succursales.
Une fois l'app en ligne, les stores prélèvent une commission sur les ventes numériques. Dans l'Union européenne, Apple applique depuis le 1er octobre 2026 26 % sur les achats intégrés. Le taux tombe à 15 % pour les membres du Small Business Program, le programme de commission réduite destiné aux petits développeurs, et pour les abonnements après leur première année. Google Play applique depuis le 30 juin 2026, pour les utilisateurs de l'Espace économique européen et sur le premier million de dollars de revenus annuels, 10 % plus 5 % de frais de facturation sur les abonnements. Les autres achats paient au taux standard 20 % plus 5 % sur les nouvelles installations, et 25 % plus 5 % sur les installations antérieures au 30 juin 2026. Ce que ces taux laissent au développeur se calcule avec ce que rapporte réellement une application mobile gratuite.
Source : Apple Developer, Update on apps distributed in the EU, conditions en vigueur au 1er octobre 2026
Source : Play Console Help, Service fees, déploiement EEE au 30 juin 2026
Publier une application sur Google Play : le test fermé de 14 jours
Cette obligation fixe à elle seule le calendrier, et elle ne concerne que les comptes personnels créés après le 13 novembre 2023.
La règle tient en trois chiffres. Au moins 12 testeurs doivent être inscrits au test fermé, pendant au moins 14 jours sans interruption. Un testeur qui quitte le test avant ce délai ne compte pas, et s'il revient, ses quatorze jours repartent de zéro. Ensuite seulement, le bouton « Demander à publier en production » devient utile : vous répondez à un questionnaire sur votre test, votre app et sa préparation.
Posez le calendrier minimal, en additionnant les délais que Google annonce lui-même :
- Test fermé : 14 jours, incompressibles.
- Examen de la demande d'accès à la production : « généralement une semaine ou moins », soit 7 jours au plus dans le cas courant.
- Examen de l'app elle-même : Google prévient que, pour certains comptes, il peut durer jusqu'à sept jours, plus dans des cas exceptionnels.
Total : un peu plus de 14 jours au mieux, 28 jours si les deux examens atteignent leur plafond habituel. Sans compter le temps de recruter douze testeurs, que Google ne fournit pas. Si l'engagement des testeurs est jugé insuffisant, Google peut aussi demander de prolonger le test.
Source : Play Console Help, Publish your app, délais d'examen consultés le 12 octobre 2026

Le reste du parcours pour publier une application sur Google Play est plus classique. L'app est envoyée au format Android App Bundle, le format de publication Android qui remplace l'APK : ce dernier n'est plus accepté que pour les apps créées avant août 2021. Il faut aussi remplir la page « Contenu de l'application » : politique de confidentialité, présence de publicités, public cible, classification du contenu, et formulaire de sécurité des données. Ce dernier engage votre responsabilité, SDK tiers compris. La fiche demande une icône de 512 × 512 pixels, une image de présentation de 1024 × 500 pixels et jusqu'à huit captures par type d'appareil.
Source : Play Console Help, Prepare and roll out a release, consulté le 12 octobre 2026
Source : Play Console Help, Add preview assets, consulté le 12 octobre 2026
Source : Play Console Help, Target API level requirements, consulté le 12 octobre 2026
App Store Connect : les exigences techniques avant la soumission
Pour publier une application sur Apple Store, comme on désigne souvent l'App Store, tout passe par App Store Connect. Il faut d'abord un compte Apple avec la double authentification activée, puis l'adhésion au programme développeur.
Trois exigences techniques datées s'appliquent aujourd'hui à tout envoi :
| Exigence | En vigueur depuis |
|---|---|
| Build compilé avec Xcode 26 ou plus récent et le SDK iOS 26, le kit de développement d'Apple | 28 avril 2026 |
| Cible minimale iOS 13 pour les apps iPhone et iPad | 9 septembre 2026 |
| Réponses au nouveau questionnaire de classification par âge | 31 janvier 2026 |
Source : Apple Developer, Upcoming Requirements, consulté le 12 octobre 2026
La fiche exige au moins une capture d'écran pour iPhone avec Dynamic Island de taille moyenne, en 1179 × 2556 ou 1206 × 2622 pixels en portrait. Le format est JPEG ou PNG, sans transparence, avec jusqu'à dix captures par taille d'écran. Toute app doit aussi fournir un lien vers une page d'assistance à jour et un lien vers sa politique de confidentialité.
Un point surprend les développeurs indépendants européens : la déclaration de statut de commerçant imposée par le règlement européen sur les services numériques. Un développeur individuel qui se déclare commerçant doit fournir une adresse ou une boîte postale, un téléphone et un e-mail. Une fois vérifiées, ces coordonnées sont publiées sur la fiche App Store dans les 27 pays de l'Union. Prévoyez une domiciliation si vous ne voulez pas afficher votre adresse personnelle.
Source : App Store Connect Help, exigences du DSA pour les commerçants, consulté le 12 octobre 2026
Côté délais, Apple publie ses propres chiffres : l'App Review examine en général au moins 50 % des soumissions en moins de 24 heures et 90 % en moins de 48 heures. Une soumission incomplète rallonge ce délai. Un examen accéléré peut être demandé pour corriger un bug critique ou pour une sortie liée à un événement daté.
Pourquoi Apple refuse 23 % des soumissions
Le rapport de transparence d'Apple ventile les refus par section des règles de l'App Review. Le décompte porte sur des soumissions, pas sur des apps : une même app envoyée trois fois compte trois fois. Une soumission peut aussi enfreindre plusieurs sections, si bien que les six lignes totalisent 2 704 747 motifs pour 2 093 244 soumissions refusées. Les chiffres ci-dessous comptent donc des motifs, pas des soumissions distinctes.
| Section des règles | Motifs de refus |
|---|---|
| Performance (complétude, bugs, métadonnées) | 1 354 418 |
| Juridique (confidentialité, données) | 495 673 |
| Design (fonctionnalité minimale, copies) | 415 532 |
| Business (paiements, achats intégrés) | 283 820 |
| Sécurité (contenu, protection des utilisateurs) | 151 159 |
| Autres | 4 145 |
Source : Apple, 2025 App Store Transparency Report, section App Review
La section Performance domine, et Apple précise où elle se concentre : plus de 40 % des problèmes non résolus relèvent de la règle 2.1, App Completeness. Elle couvre les plantages, le contenu provisoire et les informations incomplètes. La règle exige une version finale testée sur appareil, sans texte de remplissage, et un compte de démonstration si l'app demande une connexion, avec le serveur allumé.
Source : Apple, App Review Guidelines, règle 2.1, consulté le 12 octobre 2026
Source : Apple Developer, App Review, consulté le 12 octobre 2026
Le communiqué d'Apple sur la fraude donne un autre découpage, pour la même année 2025. Plus de 443 000 soumissions ont été refusées pour atteinte à la vie privée, plus de 371 000 pour copie, spam ou contenu trompeur, et plus de 22 000 pour fonctions cachées. Parmi les refus, plus de 1,2 million concernaient de nouvelles apps et près de 800 000 des mises à jour.
Source : Apple Newsroom, 20 mai 2026
Un refus n'est pas définitif : le rapport compte 387 087 soumissions approuvées après un refus. Apple ne définit pas cette ligne. Elle ne permet donc pas de calculer un taux de rattrapage fiable, seulement de constater que corriger puis renvoyer est le parcours normal.
Quatre erreurs à éviter avant la première soumission
Ces quatre décisions se prennent avant la première soumission, et chacune coûte des semaines si elle est mal prise.
Ouvrir un compte Google personnel pour une activité commerciale. Google cite l'étudiant ou l'amateur comme exemples de compte personnel, et oriente vers le compte d'organisation les apps financières, de santé, de VPN ou gouvernementales. Un compte personnel peut gagner de l'argent, mais pour une entreprise, le compte d'organisation a un autre avantage : il échappe au test fermé de 14 jours, qui vise les seuls comptes personnels. Le numéro D-U-N-S nécessaire est gratuit, mais son obtention précède la création du compte.
Envoyer une app derrière une connexion sans compte de démo. La règle 2.1 le demande explicitement, et Apple insiste pour que le serveur soit allumé pendant l'examen. Un examinateur bloqué sur l'écran de connexion ne peut rien valider. Cette erreur coûte un aller-retour complet.
Emballer un site web. La règle 4.2 attend des fonctions, du contenu et une interface qui dépassent un site web reconditionné. Apple cite aussi les sites servis dans une app iOS parmi les motifs fréquents. Avant de choisir une coquille web, comparez honnêtement PWA ou application native : la PWA évite les stores, l'app native les traverse.
Oublier la suppression de compte. La règle 5.1.1(v) impose de proposer la suppression du compte dans l'app dès qu'elle permet d'en créer un. Ajoutée en fin de projet, elle touche le serveur, la base de données et l'interface. Dans le périmètre d'un MVP d'application, elle a sa place dès le départ.
La validation obtenue, l'app existe mais personne ne la trouve encore. Le travail suivant se fait sur la fiche : titre, mots-clés, captures, notes. C'est l'objet de l'ASO d'une application mobile.
Questions fréquentes
Combien coûte la publication d'une application sur les stores ?
Google Play demande un versement unique de 25 USD à l'inscription, soit 22,36 € au taux BCE du 12 octobre 2026. L'Apple Developer Program coûte 99 USD par année d'adhésion, soit 88,54 €, à renouveler chaque année. Sur trois ans, les deux comptes reviennent à 322 USD, soit 287,99 €. Apple exonère les associations éligibles, les établissements d'enseignement accrédités et les entités publiques.
Combien de temps prend la validation d'une application ?
Chez Apple, la moitié des soumissions est examinée en moins de 24 heures et 90 % en moins de 48 heures. Chez Google Play, un compte personnel récent doit d'abord mener un test fermé de 14 jours, puis attendre l'examen de sa demande d'accès à la production, qui prend généralement une semaine ou moins. Google prévient aussi que l'examen d'une app peut durer jusqu'à sept jours pour certains comptes.
Faut-il une entreprise pour publier une application ?
Non. Apple et Google acceptent tous deux les comptes individuels. Le compte d'organisation exige en revanche un numéro D-U-N-S, gratuit, chez les deux. Sur Google Play, il évite l'obligation de test fermé, qui vise les comptes personnels. Dans l'Union européenne, un développeur individuel déclaré commerçant voit son adresse, son téléphone et son e-mail affichés sur la fiche App Store.
Pourquoi Apple refuse-t-il une application ?
Dans le rapport de transparence 2025, les règles de performance totalisent 1 354 418 motifs de refus, plus que toutes les autres sections réunies. Selon Apple, plus de 40 % des problèmes non résolus relèvent de la règle 2.1 sur la complétude : plantages, contenu provisoire, informations manquantes. Viennent ensuite les règles juridiques, dont la confidentialité, avec 495 673 motifs.